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OGMs et pesticides : L’apocalypse à venir ?

Un sujet à introduire dans tous les dîners et repas pour avoir de l’ambiance. Du moins si vos convives acceptent de vous réinviter après que vous ayez défendu l’apport des OGM et des pesticides pour la science et l’humanité en général.

Ces thèmes « polémiques » (surtout en France) sont malheureusement la conséquence du recul des sciences et de la raison dans notre chère patrie quelle que soit l’orientation politique. Le pire, c’est que cette tare existe aussi parmi les élèves aux cursus très sérieux d’ingénierie (votre serviteur est bien placé pour le savoir).

L’opinion générale sur ces sujets peut se résumer à ce scénario :

Nous sommes en 2019, Jacques Pourri, PDG de la société de pesticides Plutonium Inc. a trouvé une riche idée pour se faire un max de pognon tout en empoisonnant à petit feu les con-sommateurs.

Il est aidé par Jimmy Page, PDG de Versalife, grand cartel de biotechnologies qui vend des plantes transgéniques « résistantes » aux pesticides de Mr Pourri. De plus, Page a eu la bonne idée de rendre stérile ses semences et possède la grosse manne financière pour racheter toutes les PME agricoles biologiques et saines.

Ils tiennent l’entièreté de la science grâce à leur armada de pseudo-scientifiques payés rubis sur ongle pour trafiquer toutes les études concernant la nocivité de leurs produits.

Tout va bien pour eux, mais c’est sans compter qu’ils doivent faire face à une minuscule mais combative organisation secrète humaniste, composée de hippies pacifiques, de scientifiques désintéressés et objectifs et de « petites gens » frappés du coin du « bon sens » et bien décidés à ne pas se laisser empoisonner par ces salauds de capitalistes bourrés de fric vendeurs de poison.

Heureusement pour nous, la réalité est plus nuancée.

Il est important de commencer par des définitions claires sur ce qu’est un OGM et un pesticide ; de savoir s’ils sont autant des « poisons » que disent la plupart des organisations/associations « écologistes » (Greenpeace par exemple pour ne citer qu’elle).

Pesticide : Kesako ?

Un pesticide est un produit chimique, naturel ou produit par l’homme (synthétique), qui a pour but de tuer un autre organisme. Les pesticides existent en fait depuis la nuit des temps et ont été perfectionnés par Mère Nature elle- même.

Par exemple, certains champignons et bactéries produisent certains antibiotiques naturellement pour tuer d’autres microbes. On peut donc parler pour eux d’antibiotiques « pesticides ». De nombreuses plantes, qui n’ont pas envie de servir de garde-manger aux insectes, produisent elles-mêmes leurs pesticides pour les repousser et souvent les tuer. Gaïa est cruelle, eh oui.

Nous devons insister sur une information importante et même capitale concernant les pesticides. Il est important de comprendre que des études ont montré que nous mangeons régulièrement des pesticides naturels.

Oui, nous consommons des pesticides naturellement.

Par exemple, une étude du Professeur Ames dans les années 90 a montré je cite : «  les Américains ingèrent environ 1,5 g de pesticides naturels par personne et par jour, soit environ 10 000 fois plus que les résidus de pesticides de synthèse ». Il a d’ailleurs estimé que nous consommons quotidiennement entre 5 000 et 10 000 pesticides naturels qui seraient pour beaucoup cancérogènes sur des animaux de laboratoire. Le chou par exemple produit 49 toxines différentes.

Je ne peux m’empêcher de citer cette partie de son étude :

« Il y a des substances qui sont cancérogènes pour les rongeurs dans les aliments suivants : abricot, ananas, aneth, anis, aubergine, banane, basilic, brocoli, cacao, café, cannelle, carotte, carvi, champignons, chou, chou de Bruxelles, chou-fleur, chou frisé, chou vert, céleri, cerise, endive, estragon, fenouil, framboise, girofle, goyave, graine de sésame, groseille, jus de pamplemousse, jus d’orange, laitue, lentille, mangue, melon, miel, moutarde, muscade, navet, panais, pêche, persil, poire, pois, poivre noir, pomme, pomme de terre, prune, radis, raifort, raisin, romarin, thé, tisane de consoude, tomate. Il est donc probable que presque tous les fruits et légumes du supermarché contiennent des pesticides naturels de plantes qui sont cancérogènes pour les rongeurs. Les niveaux de ces substances cancérogènes chez les rongeurs dans les plantes susmentionnées sont généralement des milliers de fois plus élevés que les concentrations de pesticides de synthèse. »

Visiblement, ces faits ne semblent pas vraiment correspondre à la parabole écologiste « les pesticides sont du poison créés par la chimie de l’Homme ». Volontairement ou involontairement, les écologistes font une fausse distinction entre le « naturel »  (nécessairement bon et sain) et le « synthèse/chimique » (mauvais et nécessairement toxique) des pesticides.

Retenez bien ces paroles de Paracelse, médecin suisse du XVIème siècle : « Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison ; seule la dose fait qu’une chose n’est pas poison ». Certains disent que ce médecin fut presque le père de la toxicologie et on comprend pourquoi au vu de cette citation. Nous reviendrons plus tard sur ce que cela implique.

Passons maintenant à l’OGM (Organisme Génétiquement Modifié).

OGM : Kesako ?

Un OGM est un organisme génétiquement modifié, c’est-à-dire un organisme (bactérie, levure, champignon, plante, animal…) dont le matériel génétique (génome) a été modifié par une technique connue sous le nom de “transgénèse” afin de lui conférer une caractéristique nouvelle.
Cette transgénèse correspond soit à l’addition d’un gène (ou de plusieurs gènes) isolé(s) à partir d’un autre organisme ou, inversement par invalidation (inactivation) d’un des gènes de l’organisme. L’obtention d’un OGM repose sur les outils modernes de la biologie (biotechnologie) et des techniques d’hybridation, de sélection ou de mutation, bien connues dans le monde agricole depuis de nombreuses décennies (cf. le maïs, le colza …).

Les nombreuses hybridations de blé sont d’ailleurs emblématiques car il y a 500 000 ans, le blé sauvage d’origine ne possédait que 7 paires de chromosomes. Sa domestication par l’Homme à la fin de la préhistoire l’a amené à posséder jusqu’à 28 paires de chromosomes il y a 10 000 ans en fonction de son utilisation (celle à 28 est utilisée pour le blé des pâtes par exemple).

Plus de 70 espèces végétales ont été transformé : soja, maïs, colza, riz, coton, papaye, betterave, chicorée, pomme de terre, peuplier, tabac, œillet…

Plus récemment, il est également possible d’obtenir de nouvelles variétés de plantes par la technique de la mutagenèse : les semences sont exposées à des produits chimiques ou à des radiations massives qui entraînent des mutations variées dans le génome. Les entreprises productrices opèrent ensuite une sélection pour garder les caractéristiques qui les intéressent. On peut citer par exemple le cas du riz basmati produit au Pakistan, principal producteur mondial, qui a été obtenu par ce procédé (basmati 370). Il est important de faire remarquer que les pays « en voie de développement » produisent, consomment et commercialisent des produit OGMs.

On peut aussi citer l’exemple de variétés de pamplemousse du Texas dont la première créée par mutagenèse date des années 70 (variétés Star Ruby/Rio Red). Elle est reconnaissable par sa pulpe très rouge.

Nous avons rapidement vu que les OGM font partie de l’histoire de notre humanité mais aujourd’hui nous sommes capable, grâce aux progrès technique de produire des OGM qui peuvent être utiles et bénéfiques d’une façon dont peu de gens ont connaissance.

Les bienfaits des OGMs

Prenons deux exemples parlant des bienfaits possibles des OGM :

La résistance et l’éradication d’un virus chez une plante : A Hawaï, la culture de la papaye était menacée de disparition en raison d’un virus, le ringspot (PRSV), apparu de façon sévère au début des années 1990. Dennis Goncalves, a mis au point une papaye transgénique résistante en insérant dans le génome du fruit une séquence d’ADN provenant du virus PRSV. Après de nombreux tests, elle est cultivée à Hawaï depuis 1998 et commercialisée aux États-Unis et au Canada. Cette papaye a mis un terme à l’épidémie de ringspot et a même permis par la suite un retour de la culture de papayes non transgéniques.

La santé publique et la lutte contre la cécité : Selon des chiffres de l’OMS en 2013, 250 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde ont des carences en vitamines A, 250 000 à 500 000 deviennent aveugles, la moitié d’entre eux mourant dans les douze mois après la perte de la vue. Il existe bien sûr plusieurs méthodes conventionnelles pour leur fournir de la vitamine A, comme la distribution de suppléments en capsules trimestrielles, mais elles se heurtent à des problèmes lourds de formation du personnel médical et de logistique de diffusion notamment.
La solution a consisté à doter le riz, alimentation principale de plus de trois milliards de personnes dans le monde, de β-carotène dans la partie comestible de son grain par modification génétique, ce qui aboutit en 1999 à la création du riz doré.

Comme nous le verrons dans de prochains articles, de nombreuses « polémiques » ont été amenées dans les médias sur le cas des OGM et des pesticides. Souvent avides de sensationnel, abreuvés d’idéologie anticapitaliste (comme c’est souvent le cas en France), beaucoup de journalistes ont relayé complaisamment des « études » d’ONG plus ou moins radicales et militantes.

Ce qui est toujours amusant est que ce type d’organisations ou de militants a toujours systématiquement le syndrome de la « paille et la poutre » : prêts à dénoncer les « conflits d’intérêts » supposés des études menées par des scientifiques « achetés » par les entreprises mais ne voient jamais l’idéologie aveugle aux faits qui pointent chez eux. Et malheureusement, cela entraîne de graves répercussions pour les sciences au sein de l’Union Européenne et de la France (frilosité de financements de laboratoires sur le sujet des OGM à cause des dégradations de militants « écologistes », entreprises du secteur peu performantes, etc..).

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