Présentation

  1. Le point de départ mon travail
  2. Qu’est-ce que la zététique
  3. Zététique, philosophie et science
  4. La zététique ne peut prétendre ni à une autorité et ni à une légitimité 
  5. Comment peut elle procéder
  6. Remarque sur la zététique
  7. La zététique enseigner ou vulgariser
  8. Qu’est ce qui fait de nous des zététiciens 
  9. Quel est le sens de la formule « zététiciens hérétiques »
  10. Y-a-t-il des différences avec les autres groupes de zététiciens 
  11. Objectif et organisation du Cercle Cobalt
  12. L’objectif du Cercle Cobalt est la critique du Modèle Standard des Sciences Sociales (M3S).

Je me présente, Hassan, je suis à l’initiative du projet Cercle Cobalt – Zététicien Hérétique qui est la suite logique de mon travail.

Le texte est une présentation du Cercle Cobalt et son caractère unique par rapport aux autres groupes zététiques. Je propose une analyse succincte de la zététique et comment le projet du Cercle Cobalt participe au travail zététique.

Analyse de la zététique : ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas. 

Expliquer et définir les objectifs du Cercle Cobalt.

Je souhaite qu’à la suite du texte, le lecteur puisse être motivé à rejoindre le Cercle Cobalt et à participer au projet.

Le point de départ : mon travail

J’ai créé une chaîne YT pour traiter l’existence des différences génétiques des groupes humains, de leur histoire évolutive et des différences de comportements. En somme, je traite du sujet de l’existence des races humaines à l’aune des connaissances scientifiques et historiques.

La principale opposition à la notion de race humaine comme réalité biologique est issue des sciences sociales qui considèrent la notion de race comme une construction sociale. Cela signifie que les distinctions entre les différents groupes humains n’ont aucune réalité physique et sont des conventions sociales et culturelles qui se modifient dans le temps.

Mon travail a double objectifs :

-exposer les arguments et articles scientifiques soutenant l’existence des races humaines.

-Produire une critique de la conviction religieuse des tenants du « tout environnement » comme unique source d’explication des différences humaines.

Ces derniers soutiennent, par exemple, que les différences sexuelles seraient le produit d’un environnement et ne résulteraient pas d’un déterminisme biologique. Autre exemple, l’idée que l’intelligence serait déterminée au cours de l’enfance par les facteurs socio-économiques, par la stimulation et les méthodes pédagogiques. Leur postulat consiste à soutenir qu’à condition égale, il n’y a pas de différence d’intelligence entre les individus et les races humaines.

Des exemples de ce type de raisonnement sont nombreux, que cela soit sur l’intelligence, le sexe, les différences entre hommes et femmes, les causes de réussite économique des personnes etc. Les raisonnements des tenants du « tout environnement » peuvent être résumés par le MSSS que je présenté dans la partie : (dans quelle partie ? ).

Malgré les progrès scientifiques dans de nombreuses disciplines, rare sont les institutions scientifiques ou des scientifiques français remettent en cause de façon frontale le discours relativiste et obscurantiste dominant (AFIS est un exemple rare d’un excellent travail, https://www.pseudo-sciences.org/) et, malheureusement, aucun groupe de zététicien, à ma connaissance, ne produisent une critique du dogme « tout environnement ».


Qu’est-ce que la zététique?

Historiquement, le mot est issu du grec et fut actualisé par Henri Broch, physicien français, qui le définit comme « l’art du doute ». Nous verrons que la zététique est une activité du “savoir-faire”. En cela, la zététique n’est pas une discipline scientifique mais philosophique dont le but ultime est d’accoucher d’un esprit critique au plus grand nombre.

La zététique peut se diviser en deux catégories :

– ceux qui, par la méthode scientifique, travaillent à détruire les idées fausses (phénomènes paranormaux, pseudosciences, thérapies alternative, conspiration) et

– ceux qui veulent enseigner la méthode scientifique sans se prononcer sur la véracité de telle ou telle idée. Autrement dit, le but n’est pas de se prononcer sur le vrai ou faux mais de réussir à enseigner la méthode qui permet de le faire soi-même, de devenir autonome.

Les deux catégories sont une présentation schématique de l’activité zététique et la plupart des zététiciens sont plus ou moins un mélange de ces deux possibilités. Toutefois, l’objectif de la zététique est la maïeutique : l’enseignement de la méthode scientifique et de l’esprit critique étant le but premier et le travail critique des pseudo-sciences et des théories du complot étant le but secondaire.

La critique des pseudo-sciences et des théories du complot tentent de libérer des individus de leurs idées fausses alors que la maïeutique de l’esprit critique permet aux individus de se libérer eux-même des idées fausses.


Zététique, philosophie et science

Il est important de comprendre la différence entre l’activité philosophique, scientifique et zététique pour mieux comprendre ce qu’on peut attendre de la zététique et comprendre ses limites. Le problème réside dans la confusion entre la zététique et la science qui s’explique par le fait que la zététique utilise la méthode scientifique et qu’un certain nombre de zététiciens sont eux-mêmes des scientifiques ou ayant eu une formation scientifique.

La science

Le scientifique travaille à produire une connaissance ayant une forte probabilité de véracité. Le chercheur s’occupe de tester des hypothèses et de créer un contenu qui a pour objectif final de produire un modèle explicatif le plus conforme possible à la réalité observée. Le chercheur en science jouit de la légitimité de ses diplômes d’État et de l’autorité de ses publications validées par ses pairs. Il a l’autorité et la légitimité dans le domaine dans lequel il est spécialisé et reconnu.

La philosophie

Le philosophe a pour objectif de produire un discours de vérité qui ne repose ni sur la légitimité ni sur l’autorité. La philosophie est la mère des sciences, cela signifie que les philosophes ont posés des questions fondamentales sur l’existence, sur l’Homme et la réalité auxquels les scientifiques veulent et donneront des réponses, même s’ils n’ont pas conscience de cette filiation.

La philosophie étant la mère des sciences, cela signifie que lors de la genèse des disciplines scientifiques, nous aurons des philosophes et des questions philosophiques à l’origine des dites disciplines comme ce fut le cas du passage de la philosophie de la nature à la physique incarnée par Newton ; ou encore de la philosophie zoologique à la biologie du à Lamarck.

Bien plus, la philosophie posa des problèmes et des réflexions auxquels la science actuelle n’a pas produit de réponse et s’inspire des débats philosophiques passés pour son travail scientifique actuel. Par exemple, la question de la classification du vivant et de la réalité des taxons qui prolonge le débat entre les universaux et nominaliste du Moyen Age.

L’activité scientifique permet de réfléchir sur l’essence même de l’activité philosophique comme l’invention de la photographie permet de réfléchir sur l’essence de la peinture (Baudelaire).

De l’objectif premier du philosophe (discours de vérité) il en découle une autre activité philosophique qu’est la critique des idées fausses et des raisonnements fallacieux. La fameuse opposition entre la philosophie et le sophisme nous permet de nous rendre compte que l’opposition entre les pseudo-sciences et la science dont la zététique travaille à détruire s’inscrit dans cette tradition antique. D’ailleurs, cela est compréhensible que dans une société libre et démocratique les sophistes et sycophantes ont la possibilités de s’épanouir face à une foule crédule. Finalement, nous retrouvons dans notre société actuelle une lutte millénaire entre la vérité et le mensonge.

Pour simplifier il y a deux activités possibles de la philosophie : produire un discours de vérité et produire une critique des idées fausses (critique philosophique du sophisme). Je met volontairement de côté la réflexion sur la possibilité d’un discours de vérité en philosophie pour me concentrer sur l’activité philosophique comme travail contre les mensonges et idées fausses.

La zététique

La philosophie est autant la quête de la vérité que l’évitement des idées fausses : la zététique est une activité philosophique qui œuvre à enseigner la méthode permettant de différencier les idées justes des idées fausses.

Malheureusement, l’accroissement de nos connaissances scientifiques n’implique pas la diminution des idées erronées. Il existe un fossé entre le monde des sciences (colloque, symposium, publication scientifique, etc) et le reste de la société. Pour comprendre les scientifiques, il faut connaître et comprendre la discipline scientifique. Même plus, il faut en avoir le temps. Restez informé de l’actualité scientifique fait partie du travail du chercheur mais pour les personnes lambda cela doit se faire sur leur temps libre.

La diffusion des idées fausses, pseudo-sciences et des théories du complot peut avoir trois causes probables :

– une pathologie psychiatrique (exemple, paranoïa).

– l’investissement en temps pour collecter l’information et la réflexion pour réussir à déterminer si l’information est vraie ou fausse est supérieur aux capacités et à la volonté des individus moyens (mode 1, mode 2).

– comme il faut davantage d’efforts pour défaire un mensonge que pour mentir la quantité de mensonge implique une quantité de travail extrêmement importante pour un résultat incertain.

Par conséquent, la zététique est une activité philosophique en accord avec les méthodes scientifiques pour œuvrer à la salubrité publique. Cela peut résumer l’objectif d’Henri Broch que de réussir à diffuser la connaissance et la compréhension de la science dans notre société pour lutter contre les manipulations en tout genre.

“Après la Deuxième Guerre mondiale et durant plusieurs années, de nombreuses familles sont à la recherche de leurs disparus. Les espoirs de retrouver leurs proches s’amenuisant avec le temps, ils font confiance à des radiesthésistes. Ceux-ci disent pouvoir localiser des objets ou des personnes à l’aide de pendules ou de baguettes…

Des scientifiques se rassemblent pour proposer un contrepoint rationnel à ces tristes abus. Entre 1948 et 1949, le Comité se forme autour d’un noyau dur de médecins, astronomes, statisticiens, psychologues et illusionnistes… Le 4 juin 1949 est fondé le Comité Belge pour l’Investigation scientifique des Phénomènes réputés paranormaux, abrégé en « Comité Para » !” https://comitepara.be/qui-sommes-nous/notre-histoire/


La zététique ne peut prétendre ni à une autorité ni à une légitimité alors comment peut-elle procéder?

Comme nous l’avons vu, la zététique est une activité philosophique et non scientifique. Elle ne peut compter que sur la démonstration argumentative et l’expérience scientifique.

En principe, la zététique travaille à remettre en cause deux types de discours :

-les discours ayant des propositions pouvant faire l’objet d’expérience et

-les discours N’ayant PAS de propositions pouvant faire l’objet d’expérience.

En fonction de la nature du discours le zététicien procède soit par la mise en place d’expérience scientifique, soit par la démonstration des contradictions internes du discours.

Les discours ayant des propositions pouvant faire l’objet d’expérience appartiennent à la catégorie des pseudo-sciences. Par exemple, la radiesthésie, l’homéopathie ou encore la prière. Tous ces exemples proposent une inférence sur la réalité impliquant des prédictions possibles qui peuvent faire l’objet de mesure du taux de réussite des prédictions.

Par exemple, l’homéopathie prétend soigner des maladies, la radiesthésie prétend localiser des personnes et des objets. Il est compréhensible que la mise en place d’expériences est possible puisque chaque discipline propose des résultats. Par conséquent, la mise en place d’expériences permet d’évaluer le taux de réussite des prédictions (par exemple le nombre d’objets localisés par un radiesthésie ou le nombre de patient soigné par l’homéopathie). Ainsi, l’expérience permet de déterminer si les propositions sont vraies ou fausses en faisant l’économie d’une démonstration argumentative.

La mise en place des expériences scientifiques demande du travail mais les discours pseudo-scientifiques ont l’avantage de faire l’objet d’expériences contrairement aux discours n’ayant pas de proposition pouvant faire l’objet d’expériences. Dans ce dernier cas, comment procéder?

Les discours n’ayant pas de proposition pouvant faire l’objet d’expériences sont généralement les théories du complot, les théories conspirationnistes. Un discours n’ayant pas de proposition signifie que la formulation des idées est vague et générale et ne permet pas d’établir un critère pouvant déterminer une prédiction testable par une expérience.

Exemple d’une proposition pseudo-scientifique qu’on peut tester : « par la puissance de mes ondes cérébrales, j’annonce que jeudi il pleuvra à 8h »

Exemple d’une proposition qu’on ne peut pas tester : « un jour, il pleuvra »

S’il pleut à 7h, 9h ou s’il ne pleut pas la proposition est fausse. Par conséquent, nous savons que la proposition est fausse et nous en déduisons que l’argumentation qui a pour conclusion cette prédiction est fausse.

La seconde proposition est trop générale et le succès se trouve dans cette généralité qui se confond avec la vérité. La cause est la difficulté à expliquer que la proposition « un jour, il pleuvra » est ni-vraie, ni-fausse. Pire encore, du fait que la proposition ne peut faire l’objet d’expériences, certaines idées comme l’existence ou non de Dieu signifierai qu’on ne devrait pas se prononcer : un esprit rationnel devrait dire “je ne peux pas me prononcer”. Par ce sophisme, l’athée serait tout aussi imprudent que le croyant dans son affirmation (excellente critique de ce sophisme par Richard Dawkins dans son ouvrage « Pour en finir avec Dieu »).

Par conséquent, ce type de discours nécessite de remonter le fil de l’argumentation pour déconstruire et déterminer les erreurs du discours. Évidemment, cela est moins “spectaculaire” qu’une expérience et demande beaucoup de temps pour réussir ce travail.

Les deux discours sont construits sur des erreurs de logique et de raisonnement mais, dans l’un des deux cas, il est possible, par l’expérience, de constater la fausseté des propositions sans avoir à réaliser une démonstration argumentative des erreurs logiques du discours.

Dans l’autre cas, il ne reste que l’exercice de la démonstration argumentative, soit l’activité philosophique par excellence. Un discours qui échappe à l’expérience scientifique est difficile à contester puisqu’il faut se concentrer sur la déconstruction de l’argumentaire (mélange de vrai et de faux, de raisonnement biaisé, de pseudo-sciences et de théorie du complot).


Remarque sur la zététique

La définition de la zététique comme méthode d’investigation scientifique des phénomènes réputés paranormaux et pseudo-scientifiques pose problème car elle délaisse les discours ne pouvant faire l’objet d’une expérience. Les zététiciens, de par leur formation scientifique, se concentrent sur les pseudo-sciences parce qu’ils peuvent réaliser des expériences scientifiques mais ils délaissent les théories du complot parce qu’il est très difficile d’y faire face sans avoir conscience du travail philosophique que cela implique.

La partie de la zététique qui traite des discours n’ayant pas des propositions pouvant faire l’objet d’expériences est propre à la philosophie. La maïeutique socratique consiste à pousser par le dialogue les raisonnements adverses jusqu’à la contradiction interne. La seule certitude possible est que la théorie adverse est fausse mais cela ne signifie pas nécessairement que l’on détient la bonne réponse au problème. Un exemple fameux est la critique de Galilée de la théorie d’Aristote sur les astres. Le succès de Galilée s’explique par la mise en évidence de la contradiction de la théorie d’Aristote relative aux astres et non pas dans des expériences ou inventions.

Cette façon de procéder, à savoir que la seule certitude est que l’idée est fausse parce qu’elle se contredit, rejoint la proposition de Karl Popper.

Il est intéressant de comprendre que le travail de Popper est autant destiné à la science qu’à la philosophie. En réalité, son critère d’un discours scientifique est beaucoup trop restrictif d’un certains point de vue (Hull, 1999).

En réalité, Karl Popper et son critère de discours falsifiable est justement l’outil ultime du philosophe qui cherche à trouver la démarcation entre discours scientifique et discours religieux. La distinction entre le discours scientifique et le discours religieux repose sur le critère de produire un discours falsifiable.


La zététique : enseigner ou vulgariser.

Quelques définitions.

La vulgarisation est le « fait de diffuser dans le grand public des connaissances, des idées, des produits. Fait d’adapter des notions, des connaissances scientifiques ou techniques afin de les rendre compréhensibles au non-spécialiste; reformulation d’un discours spécialisé qui consiste généralement à le débarrasser de ses difficultés spécifiques, de ses caractères techniques afin de le rendre accessible au grand public. » (CNRTL).

Enseigner est le « fait d’indiquer, faire connaître. Faire savoir, démontrer, en parlant d’un art, d’une science, en donner des leçons. Enseigner le latin, le dessin, l’escrime. »

Transmettre un savoir de type scolaire et non scolaire (CNRTL).

La distinction entre l’enseignement et la vulgarisation est importante parce qu’elle met en avant un problème important que pose la notion de vulgarisation.

L’enseignement implique un rapport dominant/dominé asymétrique du fait que l’un a une connaissance que l’autre souhaite obtenir. Ce rapport de domination est implicite et structure l’enseignement. Toutefois, ce rapport peut causer des dérives comme l’effet gourou car l’enseignant peut utiliser son pouvoir sur ses élèves pour les induire volontairement en erreur ou leur proposer des idées contradictoires qui ont pour effet de plonger ces derniers dans la confusion et renforcer ainsi leur dépendance vis-à-vis de sa personne.

Dans les faits, un vulgarisateur et un enseignant ont tous deux un statut équivalent pour un profane en quête de connaissances. Or, enseignant est une profession officielle et reconnue par des diplômes. C’est un professionnel de la transmission de connaissances. Lors de la lecture des définitions, l’on se rend bien compte que les deux notions se ressemblent puisque « rendre compréhensible au non-spécialiste » n’est-il pas le propre du professeur de première année d’études supérieures. C’est justement son travail de réussir à diffuser à son assemblée d’élèves les notions et méthodes. Autrement dit, être enseignant implique de vulgariser mais un vulgarisateur n’est pas nécessairement un enseignant. Quel problème cela pose-t-il ?

Le mot vulgarisation est un néologisme utilisé en France au début des années 1970 pour pallier au désintérêt des concitoyens sur les sujets scientifiques. La vulgarisation s’oppose à l’enseignement par la simplicité du contenu, son caractère récréatif et la modestie de l’objectif : informer et susciter des vocations scientifiques.

Ce néologisme vient du mot vulgaire « qui se voit communément parmi les hommes”. Effectivement, l’objectif est de rendre commune la science parmi les hommes. Ainsi, la vulgarisation n’est pas tant un statut en soi mais une mission et un objectif qui fait partie intégrante du travail de l’enseignant-chercheur.

La diffusion vers le grand public de la culture et de l’information scientifique et technique fait explicitement partie des missions des chercheurs et enseignants-chercheurs (voir les textes de la loi sur la recherche de 1982 et de la loi sur les enseignants-chercheurs de 1984, ainsi que les modalités d’application de ces lois dans les différents organismes). La vulgarisation est l’affaire des enseignants-chercheurs comme l’indique la loi parce qu’avant tout leur domaine de compétence consiste à transmettre la connaissance.

Si un vulgarisateur est un enseignant-chercheur qui s’adresse à un public non-universitaire (par exemple, Broch par son travail de zététicien) alors cela implique que le vulgarisateur n’est pas le premier venu voulant parler de science. Et cela se comprend du fait de la responsabilité morale qu’implique le rapport dominé/dominant rendu possible par une confiance envers les intentions des enseignants. Mais quand un inconnu prétend être un vulgarisateur, il usurpe la confiance implicite qu’implique cette relation comme un certain nombre de youtubeur (epenser, Nota bene, Dirty biology) qui n’hésitent pas, tout en présentant des pages Wikipédia en vidéo, à mélanger leur contenus à leur idées personnelles sans en faire la distinction.


Qu’est ce qui fait de nous des zététiciens ?

Les membres du Cercle Cobalt adhèrent aux 5 piliers de la science :

1 le scepticisme initial sur les faits,

2 le réalisme,

3 la rationalité : logique et parcimonie,

4 le matérialisme méthodologique,

5 la réfutabilité d’un énoncé.

Nous pensons que la croyance au paranormal, à l’homéopathie ou à la toxicité des vaccins et des OGM assimilés à du poison, sont des idées fausses qui nuisent à la diffusion de la connaissance et de la vérité. La lutte contre les théories du complot, la pensée conspirationniste est fondamentale pour avoir une vision rationnelle des problèmes de nos sociétés.

De plus, la culture conspirationniste fait partie d’une tendance plus profonde de rejet de la civilisation scientifique et industrielle. Nous partageons la conviction commune qu’il y a un chemin vers la connaissance, celui de la science et de sa méthode du doute raisonnable. Les scientifiques sont, dans leur majorité, d’honnêtes gens qui avancent à petit pas pour progresser dans la connaissance et qu’il n’y a pas de mystère mais uniquement du travail.

Par conséquent, il ne faut pas interpréter la démarche critique ou le mot « hérétique » comme étant un discours « en dehors de la science officielle », celui d’un « chercheur de vérité ».

Pour éviter tout malentendu, voici notre avis sur l’ufologie, la pyramidologie, la voyance, le marxisme, etc : de la charlatanerie qui, au mieux, est une source de divertissement et, au pire, une manipulation sectaire à but lucratif. Il n’existe pas de savoir « caché », de mystère obscur ou d’organisation secrète pour nous manipuler.

En conclusion, ranger vos bricoles, vos disques de sabu et autres OOPArt.


Quel est le sens de la formule « zététiciens hérétiques » ?

« zétêtikos  » est généralement traduit par « qui cherche, qui enquête » .

Hérésie a deux sens possibles :

– La première, l’hérésie comme déviance d’un dogme. Comme nous le pensons, la zététique est dominée par un dogme et nous voulons remettre en cause le dogme du « 100% environnement » largement accepté/admis dans les milieux universitaires et zététiques qui, malgré leur démarche se voulant scientifique, se montrent irrationnels sur le sujet de l’innéité des comportements humains. Ils ont un parti pris « environnementaliste » que nous rejetons et, en cela, nous sommes hérétiques.

– La seconde, l’hérésie comme un « choix » ou « ce qui est choisi ». Sous l’Antiquité, cela désignait une adhésion à une école de pensée, le mot a ensuite évolué de sa notion simple “faire un choix” à celui de prendre parti, de choisir une école philosophique.

Ainsi, on peut comprendre « zététiciens hérétiques » comme ceux qui font le choix de la recherche de la vérité indépendamment des dogmes et des tabous d’une société donnée. Le choix de la liberté intellectuelle. Un zététicien hérétique est celui qui choisit de chercher la vérité à l’aune de la connaissance scientifique.

Plus précisément, nous faisons le choix de la critique des théories du complot issues de la pensée « environnementaliste » et des biais idéologiques pouvant leurrer le milieu zététique.


Y-a-t-il des différences avec les autres groupes de zététiciens ?

(Cercle cobalt comme critique des zététiciens)

Les zététiciens sont dans un « entre-soi » idéologique involontaire. Ils sont dominés par l’idéologie de gauche qui impacte nécessairement leur vision de la science et des débats scientifiques. Toutefois , cela ne pose pas de problème tant que les règles communément admises sont respectées et que la liberté d’expression fait partie des valeurs fondamentales de tout zététicien. Nous ne disons pas que nous sommes plus objectifs ou neutres, cela n’a pas de sens et même cela n’a aucun intérêt.

Bien au contraire, l’étude de l’évolution nous permet de comprendre que la diversité au sein d’une espèce est gage de survie. Plus il y a de diversité, et plus il y a possibilités d’adaptation au changement. Plus il y a des sensibilités intellectuelles et plus riche sera l’univers zététique.

Certains zététiciens sont passionnés par le travail salutaire du débunkage de la « pyramidologie » ; d’aucuns peuvent se passionner sur l’homéopathie ou encore sur le « 11 septembre ». Ainsi, en fonction de sa sensibilité, de son parcours intellectuel et universitaire, chacun contribue à l’édifice zététique et c’est ce que nous voulons faire par la critique du dogme « environnementaliste ».

« Il faut souligner que certains secteurs des sciences humaines sont dominés par l’idée que l’Homme est à ce point différent du reste de la nature que seules des méthodes radicalement non scientifiques peuvent permettre de le comprendre (ce qui est lié à l’extraordinaire résistance offerte par ces mêmes secteurs face à toute approche biologique de l’être humain, du moins lorsqu’il s’agit de la psychologie et de la société, c’est-à-dire de l’étude de l’homme au-dessus du cou». Bricmont 2001b.).

Nous voulons faire prendre conscience que les zététiciens se fourvoient dans le « sociologisme ». En fait, s’ils étaient aussi rigoureux qu’ils le prétendent, ils devraient rejeter une grande partie de la littérature universitaire des sciences humaines ; ces dernières ne pouvant être en accord avec les règles méthodologiques scientifiques (Popper, Lakkatos).

En réalité, le Cercle Cobalt veut traiter le principal problème de la pensée contemporaine. Les zététiciens sont en quête de tous les biais psychologiques possibles qui pourraient fausser notre jugement mais la plupart échoue à voir le biais idéologique qui en anime certains : le biais du gauchisme.

Notre objectif est de réaliser un travail zététique sur les théories du complot et les idées conspirationnistes qui se diffusent dans notre société. Par notre travail zététique nous voulons montrer que les idées complotistes ne sont pas exclusives au milieu nationaliste mais sont autant présentes dans d’autres courants idéologiques (par exemple le marxisme). Bien plus, il existe des théories du complot non politique mais tout autant présentes chez nos concitoyens (obsolescence programmée, lobby de l’industrie pétrolière, etc).


Objectif et organisation du Cercle Cobalt

Le Cercle Cobalt a pour objectif de produire un travail original sur différents sujets avec l’idée de « débunker » une théorie complotiste dominante (Racisme d’État, blanchitude, domination Patriarcat). La production des articles sera la principale source de contenu mais il y aura d’autres types de contenu comme des traductions et présentations d’articles scientifiques majeurs ignorés par le public franco-français.

Concrètement, chaque rédacteur a en charge un thème principal qu’il va traiter à travers plusieurs articles qui se veulent succincts et accessibles autant que le sujet le permet. Par exemple, un des rédacteurs a choisi comme thème principal les OGM et les pesticides.

Si vous êtes intéressés par la rédaction sur un sujet scientifique en vue de produire une critique d’une pensée pseudo-scientifique dominante, par exemple la critique de stade du deuil ou les bêtises bourdieusiennes, alors n’hésite pas à nous contacter.

En somme, chaque rédacteur critique à travers différents thèmes le dogme « environnementaliste » que nous nommons le Modèle Standard des Sciences Sociales.

L’objectif du Cercle Cobalt est la critique du Modèle Standard des Sciences Sociales (M3S).

On peut lire ou entendre « sciences sociales », « sciences humaines », désignant ainsi la sociologie, la psychologie sociale, l’anthropologie sociale etc. Est-ce que ces appellations et ces disciplines peuvent être résumées dans leurs principes?

A cette question, les psychologues évolutionnistes John Tooby et Leda Cosmides ont trouvé un nom pour nommer l’approche classique, non évolutionniste, en sciences sociales : le Modèle Standard en Sciences Sociales (MSSS). Ce MSSS admet les postulats suivants sur le comportement humain et la culture :

1 Les êtres humains naissent à l’état de page blanche : les connaissances, les traits de personnalité, les valeurs culturelles sont acquises dans l’environnement culturel.

2 Le comportement humain est totalement malléable : aucune contrainte biologique ne pèse sur ce que deviennent les individus.

3 La culture est une force autonome, et elle existe indépendamment des individus.

4 Le comportement humain est déterminé par le processus d’apprentissage, la socialisation, l’endoctrinement.

5 Les processus d’apprentissage sont généraux : ils s’appliquent à une variété de phénomènes. Le même processus sous-entend la sélection d’un partenaire par exemple et la sélection de nourriture.

Tooby et Cosmides soutiennent qu’à partir de ces débuts tout à fait respectables, le MSSS est devenu l’approche dominante dans l’étude du comportement humain et a barré la route aux autres approches possibles. La plupart des spécialistes des sciences sociales ont développé une sorte de peur presque pathologique des explications biologiques du comportement humain, peur que le sociologue Lee Ellis (1996) a nommée biophobie.

Quel est l’avantage d’utiliser la notion du Modèle Standard des Sciences Sociales ?

L’avantage de cette notion est la neutralité intellectuelle fondée sur des critères objectifs. La notion MSSS évite l’emploi de termes ambigus comme « marxisme culturel » ou « gauchisme ». Les notions « gauchiste » et « marxisme culturel » créent de la confusion en posant comme évidence que la pensée de gauche a l’exclusivité de l’idéologie du « tout environnement », ce qui n’est pas le cas.

Bien sûr, les plus importants représentants du MSSS sont d’idéologie de gauche mais il serait erroné de penser que ce type de discours ne peut pas se retrouver chez d’autres sensibilités politiques (par exemple, la droite assimilationniste).

La pensée environnementaliste est partagée par l’écrasante majorité des personnes indépendamment de la sensibilité politique. La différence des uns par rapport aux autres est que l’homme de gauche pense que c’est une question de pauvreté alors que l’homme de droite pense que c’est une question de motivation. En réalité, aussi motivé et riche que puisse être un homme doté d’un QI faible, il ne deviendra pas ingénieur ou docteur.

Nous voulons produire une critique des idées opposées au matérialisme biologique que cela soit l’idéalisme relativiste ou l’idéalisme dogmatique.


Conclusion

Nous pensons que la science est la voie royale pour la vérité ainsi nous sommes des zététiciens. Nous rejetons néanmoins tous les tabous et les pseudo-sciences, en particulier l’idéalisme relativiste du « 100 % environnement ».

Notre approche n’est pas de nier l’influence de l’environnement mais d’intégrer ce raisonnement dans la théorie de l’évolution. Au lieu de considérer la culture comme une force à part et au-dessus de la biologie, il faut les comprendre comme deux processus intiment liés et co-dépendants.

« Les gènes tiennent la culture en laisse. La laisse est très (très) longue, mais les valeurs sont inévitablement contraintes par leurs effets sur le pool génétique humain (1978, p.167). » (Wilson).